Sauf votre respect Monsieur le Ministre, votre sport souffre de l’hémiplégie* : cyclisme

Capture d'écran: chaussures de course d'un cycliste togolais
Crédit photo: Noël Tadegno

Ce n’est pourtant pas le fonds qui manque le moins, sinon un ministère ne serait pas dédié à ce secteur. Le sportif au Togo, loin d’être une star vivant dans une opulence sans nom, ne peut rien réclamer comme telle. Leur situation est autant désolante que celle du sport lui-même. Visiblement, seul le football tire le drap de son côté, visiblement bien-sûr, et laissant les autres sports dans une léthargie de laquelle ils sont, dira-t-on, condamnés à demeurer.

Visitant certaines fédérations et recueillant leurs avis et problèmes, le constat selon lequel le sport souffre de l’hémiplégie n’est pas du tout factice ou erroné. Manque criard de financement voire laisser-pou-compte, c’est à la traine qu’on peut retrouver ce sport, laissant ces artisans pusillanimes, et pire, dans un manque réel d’ambitions.

Le récent cas du jeune cycliste Raouf Akanga serait de la matière à en rire aux moqueurs, sinon, ferait beaucoup réfléchir les sympathiques. La forme physique du jeune de 22 ans a beaucoup impressionné, mais le matériel laissait à désirer. L’histoire racontée par les journalistes sportifs sur les réseaux sociaux est affligeante. « Rappelons que le vélo avec lequel Raouf est allé au Bénin s’est brisé jeudi au moment de gagner la troisième étape. Samedi, il a couru avec le vélo de son coéquipier Fabio Anani, qui s’est également cassé. Faute d’un nouveau vélo, les Béninois lui ont prêté un vélo avec lequel il a couru ce dimanche. Et voilà le résultat. Dommage », commente Steven Lavon sur Facebook. Contacté le cycliste, ce sentiment de désolation et déception est le mieux  partagé ; Entre trois mots, le poids du message et l’émotion qui y va avec est plus lourd : « je suis déçu », m’a-t-il simplement écrit. La honte a franchi et cap, et Ablam Gnamesso, journaliste béninois, partage aussi son émotion : « J’ai du mal à retrouver le sommeil après le spectacle du manque de matériel de l’équipe togolaise hier dimanche 15 mai 2016 sur le tour cycliste international du Bénin. Le Togo avait ce tour en poche mais hélas » avant peut-être d’ironiser à raison:

« Le Togo n’avait pas de vélo secours malgré la volonté du jeune Akanga… espérons que les années avenir, les Togolais auront les moyens nécessaires pour terminer le Tour »

« Mon pays le Togo est-il incapable d’offrir un vélo à nos cyclistes ? » S’est interrogé, surement sans réponse, le journaliste Noel Kokou Tadégno. Sur sa page Facebook, le témoignage est d’arrache-cœur : « Dès le départ, des attaques de partout et je fais tout pour aller jusqu’au 15e tour où la chaîne de mon vélo (prêté par un béninois) est cassée. Ma chaîne coupe au mauvais moment, mes adversaires directs pour le maillot jaune attaquent et moi je fais environ deux minutes pour retrouver un autre vélo. Voilà, je perds l’occasion de  gagner une belle course. Maintenant, je n’ai plus de vélo. S’il y a un volontaire pour m’en offrir, je suis preneur. »

Rencontré dans la rédaction du papier qui suit, le secrétaire de la fédération, M. Emile Olympio n’a de cesse de croire en les potentialités de ce cycliste. Comme un parent content de son fils. Mais au sport Togolais, le moyen manque terriblement.

Lire ce reportage…

*Ceci est une série d’articles sur les différentes disciplines sportives et fédérations nationales au Togo. Ces reportages seront régulièrement publiés ici.

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