Nous Togolais, nous pissons sur la ponctualité !

Connaissez-vous cette phrase qui commence les rencontres: « excusez-nous pour le léger retard, c’est indépendant de notre volonté » ? Je parie que vous êtes Togolais.

Au Togo, il existe une tradition selon laquelle, respecter l’heure est passible du courroux des dieux. C’est une tradition en réalité. Elle prend parfois des allures embêtantes, mais se justifie toujours. Ce qui est évident avec ce principe, c’est  que vouloir y remédier, c’est comme interdire à un béninois Vodoun de continuer ses pratiques, et de devenir chrétien, alors qu’il a déjà prit goût de la journée du 11 janvier chez eux. On ne peut plus s’y plaindre, surtout quand on est condamné à vivre avec, et à s’y frotter pratiquement chaque fois. Parfois, cette mauvaise habitude devenue logique  se justifie par son caractère général. Ce qui fait qu’en fin de compte on a deux types d’heures en Afrique : heure africaine, et heure européenne. Mais l’attachement plus à des valeurs de chez nous au dépens bien évidemment d’autres fait que le plus souvent, sinon toujours, en tout temps et en tout lieu, le retard fait la loi. Concert, réunion d’administration,  inauguration, lancement et même simple rendez-vous.

C’est une routine, et cela gêne rarement. Le cas est plus fragrant lors des concerts et autres, ces genres de sorties d’humeur. Où, la plus part des cas, c’est à l’heure indiquée pour commencer le spectacle qu’on fait le « test micro », après quoi, les prestataires doivent se faire désirer encore avec un retard, léger soit-il, de 30 min à 1 heure voire plus. Le tout dépend de l’acrimonie de la star.

Même pour des rendez-vous entre amis pour prendre un pot, et aucun vrai Togolais ne me dira le contraire, c’est souvent le pot qui attend les amis.

L’OTR (Office Togolais des Recettes) s’en moque aussi

L’OTR, en vrai Togolais n’échappe pas à cette règle. Lui, qui fait pourtant montre de parangon, irrépréhensible et immaculé à brandir comme un modèle pour toute autre institution togolaise, importe peu la nature. Mais cette pratique qui consiste à faire attendre des simples clients aux journalistes pour un rendez-vous de conférence de presse fait sa route. Sans qu’aucun des acteurs ne songe à l’arrêter. Si bien que  l’OTR, pour la circonstance Office Togolais des Retardataires, ne se reproche rien.

Lors de la dernière conférence de presse organisée, le cas s’est accentué. Le commissaire  avait de la matière à faire regretter les journalistes la ponctualité qui leur est conseillée malgré la tendance. Comme pour dire, « relaxe, vous êtes trop pressés, nous sommes au Togo. » C’est ainsi que pour une rencontre prévue sur 9h du matin (il faille parfois le préciser), le commissaire s’est pointé à 11h 29, laissant les médias l’attendre pour plus de deux heures. Mais on est où là ? Ici c’est Togo !

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