Innocent AZILAN

Vous avez dit Franc CFA ? Alors parlons-en !

Du haut de ses 48 ans, Kako Nubukpo, économiste agrégé togolais, ancien ministre de la Prospective et de l’Évaluation des politiques publiques de son pays, enseignant à Oxford et actuel  directeur de la francophonie économique et numérique au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie à Paris, a du mal à côtoyer les réalités du franc CFA qui l’a vu naître. Et pour cause, dit-il, « l’arrimage à l’Euro pose un problème de compétitivité pour ces pays »

L’ennui avec le débat, c’est que cela devrait en être un grand, alors qu’en réalité, personne (ou presque) n’en parle. En toile de fonds de cet «acharnement » d’un professeur considéré chez lui comme un pourfendeur solitaire, une question :

« Comment atteindre les objectifs de stratégie économique définis lors du sommet des chefs d’État africains à Dakar en 2014 ? »

Il est vrai, 15 pays d’Afrique continuent d’utiliser une monnaie qui leur a été imposée depuis  plus de 70 ans. Sous ce spectre dosé de post-colonialisme, la France reste le seul pays au monde à avoir encore une forme de contrôle sur la monnaie de ses anciennes colonies, cinquante-cinq ans après leurs indépendances. Et c’est  l’excentricité du contenu des accords qui régissent le fonctionnement de ce dispositif monétaire qui désole le plus.

Paradoxe, le discours officiel des autorités françaises à propos de cette monnaie est identique et sans ambiguïté : c’est une « monnaie africaine ». Pour compléter le discours,  « le franc CFA appartient aux Africains, l’avenir de cette monnaie […] appartient aux Africains », a ainsi dit Michel Sapin, ministre français des finances, le 11 avril 2016, lors d’une visite au Sénégal. Au même moment, plus récemment, une enquête publiée par le journal Mediapart, parle de la « protection du statu quo par le Trésor Français et une minorité africaine, qui en tirent avantage ». En réalité, à y penser, on a tendance à se fier à la dernière thèse puisque le contraire aurait tout changé depuis, et les présidents africains, hormis Idriss Deby qui a pris position sur le sujet, auraient, à défaut de décider, réagi.

Cinq questions à monsieur le Président de la République

Si la monnaie est un emblème  fort de souveraineté, il est alors invraisemblable que plus d’un demi-siècle  après les indépendances, des pays font (encore) partie de la zone Franc CFA. A vrai dire, cela implique pour eux une garde fourchue et sournoise: française et européenne. Or les opportunités de développement que cette monnaie était censée offrir se laissent toujours attendre, en grande partie du fait que la politique monétaire est calquée sur celle de la zone Euro.

« Le franc CFA est en taux de change fixe avec l’Euro qui est une monnaie forte. Ce qui pénalise nos exportations et donne des incitations aux importations. Ce qui fait que nos balances commerciales sont structurellement excédentaires » Prof Kako Nubukpo

Un système monétaire peut-il rester presque figé pendant des décennies et demeurer pertinent dans un environnement économique mondial très évolutif, alors que les partenaires économiques des pays de la zone ne sont plus uniquement européens ? S’interroge-t-on.  Les effets du mutisme général sont clairs, mais nul n’ose changer. Et la question se mourrait…

Plus généralement, ce débat s’inscrit aujourd’hui dans le contexte de la réflexion sur le financement de l’émergence des économies africaines et ses conditions monétaires. En illustration, sur les 15 pays membres de la zone CFA, 11 sont classés comme « pays moins avancés » par les Nations unies.

Voilà pourquoi, il est important de « sortir l’Afrique de la servitude monétaire », un ouvrage collectif des économistes spécialistes de l’Afrique, au rang desquels le Togolais Kako Nubukpo, le Sénégalais Demba Moussa Dembélé, le Français Bruno Tinel ou encore le Camerounais Martial Ze Belinga.

Pour l’Afrique de l’Ouest, une étape majeure de cette mobilisation pourrait être le projet de monnaie unique au niveau de la CEDEAO (15 pays, et plus de 300 millions d’habitants) dont l’échéance est fixée à 2020 comme annoncé par le Prof Nubukpo. Cette initiative de monnaie unique, si les Etats respectent leur engagement, devra sonner le glas de la zone Franc et mettre fin à toutes les tutelles monétaires.  Elle sera un facteur d’accélération de l’intégration en Afrique de l’Ouest et constituera un exemple pour les autres sous-régions africaines et pour le continent africain dans son ensemble. Sans doute, portera un coup pour la France qui n’ « a que d’intérêts à défendre » (Charles de Gaulle)

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Sorcellerie et autres magies d’Afrique (2)

En Afrique (subsaharienne) où l’invisible côtoie facilement l’humain de jour comme de nuit, ignorer l’existence de génies du mal ou de la sorcellerie, c’est juste se borner, et ne pas essayer de voir plus loin que le bout de son nez. (bis repetita)

Lire la première partie du dossier

Cette pratique occulte du monde visible fait partie de la vie des puissants comme des manants. C’est clair : la sorcellerie en Afrique n’est ni une histoire, ni un sujet nouveau. Mais elle est un sujet sensible, à traiter avec attention, parce-qu’elle relève de l’irrationnel, jalousement bardé de facto par le principe de l’omerta.

A côté de la politique, au sein de laquelle elle pèse en bien (je suppose) dans la balance de l’évaluation, se trouve la face « négative » de cette pratique où les proies des forces du mal sont bien connues du monde du réel : des albinos sacrifiés sur l’autel des dieux,  des jeunes filles  dont le malheur est de souhaiter préserver leur dignité, des victimes de difformités congénitales et d’aberrations chromosomiques. Dans cet univers où les garde-fous sont rares, il est difficile de vérifier les raisons de cet intérêt.

En 2015, plus de 200 sorciers ont été arrêtés en Tanzanie dans le cadre d’une opération policière visant à mettre fin aux mutilations et meurtres des albinos

Les premières victimes, les albinos. Quand on est en manque manifeste de mélanine, côtoyer des féticheurs africains n’a rien d’aisé. En plus de l’obstacle d’environnement auxquels ils sont exposés constamment, il se trouve que sur le vieux continent les albinos ont des éléments aussi précieux que la soie dont les sorciers ont souvent besoin. « On attribue à leur corps, à leur peau blanche, à leurs mains et à leurs pieds des pouvoirs magiques, comme un gri-gri qui permet d’obtenir quelque chose que l’on recherche : gagner une élection, de l’argent… » Et cette croyance est répandue. Ce qui justifie leurs disparitions.

 On évalue ainsi, en Tanzanie à 1000 dollars une main d’albinos, un corps entièrement démembré pouvant rapporter 75.000 dollars (Photo: Pinterest)
En Tanzanie, on évalue à 1000 dollars une main d’albinos, un corps entièrement démembré peut rapporter jusqu’à 75.000 dollars (Photo: Pinterest)

En 2015, plus de 200 sorciers ont été arrêtés en Tanzanie dans le cadre d’une opération policière visant à mettre fin aux mutilations et meurtres des albinos, victimes de croyances qui leur attribue des pouvoirs magiques (source: JeuneAfrique.com). La situation est inquiétante en Tanzanie, Malawi, Ouganda ou encore en Centrafrique (où la moitié des détenus du pays serait accusée de sorcellerie). Selon des anthropologues, un préjugé qui pèse depuis plusieurs siècles dans la pensée collective ancestrale stipule que les Albinos sont des sorciers et qu’ils possèdent un pouvoir mystique de guérison. Sur ce, l’usage de leurs organes sur une personne atteinte d’une maladie liée à la sorcellerie permet à cette dernière de recouvrer la santé. Au Malawi, les 10 000 albinos que compte le pays sont menacés de disparaître et l’ONU parle d’ailleurs sans détour de « groupe en danger, menacé de disparition méthodique ». Au moins on est sûr que la dose de mélanine dans la peau des personnes « normales » est une chance de survie, à défaut de vérifier si effectivement, l’albinisme émane de la sorcellerie. De l’autre côté, ce sont les personnes difformes qui deviennent des gibiers. Précisément, des personnes aux dos gibbeux. Il parait que leur bosse est une marchandise  bien alléchante au Nigeria. En général, la moindre anomalie a une explication dans ce monde, même une dent cariée.

« J’ai été frappé à tour de rôle par mon frère, ses enfants et le charlatan, afin d’avouer que je suis sorcier… »

Il y a aussi les enfants sorciers. Considérés comme des suppôts du diable, ils sont fortement présents au Togo, précisément dans la région Centrale. Mais pas que. Leur malheur est soit d’être clairvoyants, surdoués, prophètes, ou peut-être même…  « sorciers ». Les enfants sorciers auraient le pouvoir d’agir à partir du monde invisible d’une manière néfaste sur le monde visible. Ils provoqueraient la diarrhée, le paludisme, la tuberculose ou le sida, et par conséquent la mort de leurs victimes. Pour ce chef d’accusation dont les preuves sont intangibles, ces êtres mineurs sont condamnés à quitter leurs familles, à vivre dans les rues, et à s’exposer quotidiennement à tous les périls. Dans le cadre d’un grand dossier consacré à ce sujet, le journal Togolais Focus Info le martèle : « A Lama Tessi, à environ une vingtaine de km au sud de la ville de Sokodé, nous croisons Atamana, amputé d’un bras. Ce jeune homme qui rêvait d’une carrière de footballeur nous raconte comment son rêve a été brisé en Octobre 2012 alors qu’il n’avait que 13 ans. Accusé par son demi-frère d’être à l’origine de son accident de la circulation, il a été ligoté lors des interrogatoires au moyen d’attaches en caoutchouc. «J’ai été frappé à tour de rôle par mon frère, ses enfants et le charlatan afin d’avouer que je suis sorcier et responsable de l’accident ». La suite a été horrible, le jeune a été mutilé. Dans cette région du Togo, la situation a atteint son paroxysme. Sur 21 dossiers connus par le tribunal des enfants de Sokodé (chef-lieu de la région centrale) en ce deuxième trimestre de 2016, 17  sont relatifs à la sorcellerie.

« On tire le missile sur le soleil qui envoie automatiquement l’effet à la victime »

Mais le plus redoutable reste le « Tsakatsu ». Il est question d’une arme mystique à effet immédiat, un missile qui peut invisiblement atteindre une personne à 2000 km à la seconde près. « On tire le missile sur le soleil qui envoie automatiquement l’effet à la victime », expliquait Arouna Djaffo Agbanin (sorcier avoué)  à BBC dans le cadre d’un reportage.

L’histoire raconte qu’au moment de son triomphe électoral en 1991, le successeur de Mathieu Kérékou, Nicéphore Soglo, a été foudroyé par ce missile. « Il souffrait le martyre et avait l’impression qu’on lui plantait des aiguilles dans le corps. C’est alors que j’ai décidé d’appeler à l’aide le ministre français de la Défense, Pierre Joxe », se souvient son fils Lehady. Avion sanitaire de l’armée française, court séjour à l’hôpital parisien du Val-de-Grâce, soins intensifs… Soglo a été remis sur pied durant l’entre-deux-tours, mais c’est en balbutiant et soutenu physiquement par son épouse Rosine qu’il a prêté serment. Il lui a fallu plusieurs années pour s’en remettre. –in JeuneAfrique. Au Togo, cette force n’est pas maîtrisée que par les entremetteurs de l’invisible : dans les rues, de petites incompréhensions entre jeunes peuvent se transformer en partie de guerre avec cette arme, chacun misant sur la qualité et la performance de la sienne. De même que les matches, de football précisément.

A vrai dire, en Afrique, quand on parle de sorcier, ce ne sont pas des personnes à identifier à première vue.  Le sorcier n’est pas un magicien blanc qui peut aisément répondre à cette  désignation, et avouer ses « prouesses ». C’est un statut qu’on acquiert secrètement : être sorcier en Afrique n’est surement pas facile.


Sorcellerie et autres magies d’Afrique (1)

Les pilules anti-animisme et anti-sorcellerie ont du mal à passer sur le vieux continent. Croire au fait que le Christianisme ou l’Islam, l’éducation moderne et l’urbanisme ont damé le pion à la sorcellerie et aux magies du même genre, c’est un peu comme  croire que les idées du Front National ont réussi à arrêter l’immigration sous toutes ses formes en France. C’est un leurre. Et sans se tromper, on peut affirmer que la magie noire se porte aujourd’hui très bien sur le continent africain. Plus que jamais.

«— Massa, on dit que les papistes sont comme les païens d’Afrique ils ont des vaudous.

— Qu’est-ce qu’un vaudou ?

— Massa, c’est un petit bon dieu qu’on se fait à soi-même et qui n’est pas le vrai bon Dieu »

Dr Réné LeFebvre in Paris en Amérique en 1864.

S’il peut avoir un doute autour du postulat selon lequel le Vaudou n’est pas le bon Dieu (certains Béninois diront surement le contraire), il y a néanmoins une part de vérité dans la réponse donnée à Masa : le Vaudou est un dieu également. Et c’est la phrase suivante du dialogue qui achève de convaincre : « Etes-vous assez niais pour croire que les catholiques adorent un fétiche ? Cela est bon pour vos sauvages du Sénégal. » Hormis la dose a priori raciste de cette rétorsion, il est vrai qu’il y a en Afrique, de Dakar à Lubumbashi, de Lomé à Bangui en passant par Cotonou, des forces surnaturelles, détentrices du pouvoir « du mal ». Du même genre que Harry Potter, apte à défier les lois de la nature et de la physique, à se déplacer rien qu’en flottant. La question principale n’est plus de savoir si la magie noire est un mythe ou une réalité, la réponse est évidente, la curiosité c’est de se demander comment cela fonctionne. Et les cartésiens font souvent les frais puisqu’ « on ne joue pas impunément avec la face cachée de la raison ». -François Soudan-

Cela ne fait pas l’ombre d’un doute, l’invisible côtoie en Afrique le mortel dans son quotidien. Dans la « basse population », le catholicisme et les autres religions monothéistes  ont du mal à exorciser, même avec la plus grande rigueur, l’Afrique de la sorcellerie et toutes les forces du mal, tant il faudrait discerner avant tout, le Vaudou de la sorcellerie et des autres pratiques fantomatiques. Le premier est une religion, une croyance tout autant que le christianisme et autres, le dernier a encore du mal à se définir, les rouages étant encore flous, pris bien entendu dans les réalités africaines. Mais après tout, en Afrique, le Vodou et la sorcellerie sont logés à la même enseigne, la fin justifiant les moyens. C’est pourquoi les hiboux « prédateurs » de chairs humaines, les cobras vengeurs, les tortues à doubles carapaces ou les lézards polymorphes à double queues sont toujours craints, pire qu’un malfaiteur armé. L’invisible ayant un sens et une façon étrange de communiquer, la moindre anomalie est porteuse de messages des « ancêtres ».

Le Vaudou est la réligon la plus répandue au Bénin
Le Vaudou est la réligon la plus répandue au Bénin

…Beaucoup d’héritiers de ce patrimoine qui se présentent comme chrétiens n’ignorent pas pour autant l’existence de ce genre de pratiques

Dans ce domaine où les professions de foi sont très rares, il est très difficile de prouver à une tierce personne -en théorie- l’efficacité du mode opératoire, ce ne sont pas que les civils qui s’en emparent. La sorcellerie africaine est à distinguer de l’art de jouer avec les boules de cristal, ce qui se fait ailleurs. Le premier est en réalité plus sérieux. Le politiquement correct empêchant les autorités de l’avouer, beaucoup d’héritiers de ce patrimoine se réclamant chrétiens n’ignorent pas l’existence de ces genres de pratiques. Et ils n’ignorent pas non plus les règles de fréquentation des entremetteurs de l’invisible. Voilà pourquoi en Tanzanie, malgré son interdiction en juin 2015 par le ministre de l’Intérieur tanzanien (il avait lancé un avertissement sérieux aux responsables politiques : pendant la campagne électorale, interdiction d’avoir recours à la sorcellerie) à la veille de l’élection, la sorcellerie s’est quand même invitée dans le processus.

C’est peut-être la raison pour laquelle le président togolais a abandonné le palais de son père pour construire le sien

Pour l’anthropologue François Bingono Bingono, qui se présente comme « crypto-communicologue », la sorcellerie s’est démocratisée. « Personne ne veut se laisser surprendre. Chaque fois qu’une personne est appelée à de nouvelles fonctions, elle s’entoure d’un maximum de précautions. Ne pas le faire revient à s’exposer à un risque d’ »infection » par la sorcellerie. On part du principe que celui qui s’en va a laissé des fétiches destinés à asseoir sa propre puissance ou à le protéger », explique-t-il. C’est peut-être la raison pour laquelle le président togolais a abandonné le palais de son père pour construire le sien. C’est aussi peut-être pourquoi il ne fréquente pas les résidences privées héritées de son géniteur comme la villa des Maréchaux à Paris ou le château Vial à Kpalimé au Togo. Fût-il son père. En sorcellerie, dit-on souvent en effet, il n’y a pas de limites. Ni de familles.

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La présidence togolaise a toujours été rattachée au christianisme. Même si, et cela dépasse l’étape du canular, l’actuel président Faure Gnassingbé est un grand initié de la tradition Habiè chez les peuples Kabyè. Sans doute initié par le père. En effet, la réputation de cette tradition en matière de pouvoirs « supra naturels » ne se limite pas aux frontières nationales. Il existe une rencontre quinquennale où les experts sorciers, qui se reconnaissent comme tels, se donnent un rendez-vous pour démonstrations. Beaucoup racontent les miracles qui s’y produisent, où des non-initiés curieux deviennent des proies pour ces mangeurs d’âmes. Au Togo, même si l’histoire du pays ne mentionne pas une trace de sorcellerie, la sortie indemne de feu Eyadema lors du crash de Sarakawa n’est pas considérée comme tout à fait normale. Mieux, quand après quelques jours, le militaire Bokobosso tire sur le président à bout portant sans atteindre sa cible, alors qu’il est militaire de profession, c’est l’enchaînement des preuves de l’invincibilité du président qui persuadera.

En cas d’égalité, c’est le spirituel qui compte

Quand Boko Haram menaçait à mort la population camerounaise, le président camerounais, Paul Biya, a fait appel aux sorciers de son pays, mieux placés apparemment, pour géo localiser ces fous de Dieux et lancer une contre-attaque. Ce qui avait fait dire qu’en quelque chose, la sorcellerie est bonne. A lire une enquête publiée par le magazine JeuneAfrique en 2012, on comprendra comment, dans presque tous les palais africains, ce mystère élit domicile. C’est en quête de meilleures protections et du plus grand pouvoir que la sorcellerie et ces genres de magies connaissent une évolution de plus en plus étonnante.  En effet, sur le continent africain, en cas d’égalité, c’est le spirituel qui compte.

A suivre…


#MissTogo2016 : quand la twittosphère togolaise se fait justice…

Les Miss se suivent mais ne se ressemblent pas. Le constat est clair : décidément, Miss Togo ne connaîtra pas sa fin, elle ne sera pas repensée pour que la jeune fille togolaise soit célébrée de la plus digne des manières… Et, à mon avis, l’heure n’est plus à l’écriture pour interpeller sur Miss Togo – je l’ai déjà fait (de même que les amis Mondoblogueurs  Le Salaud lumineux et la sœur Judith Gnamey). Que répondre au reproche selon lequel les Twittos et bloggeurs togolais critiquent « le plus grand événement des vacances » et après, s’asseyent pour le suivre ?  Je répondrai qu’Emile Zola, pour écrire Germinal, a vécu dans les mêmes conditions que les ouvriers, c’est-à-dire aller dans les mines. Et les plus grands critiques du christianisme ou de la religion musulmane lisent respectivement la Bible et le Coran. Bref, il faut bien connaître son sujet ! Voilà pourquoi la twittosphère togolaise reste témoin de tout, des faits les plus banals aux moindres méprises et errements des candidates, sans oublier le décor, la présentation, et tout ce qui contribue à rendre de moins en moins intéressantes l’éducation et l’image du Togo en général…
Voici ce que Twitter pense de Miss Togo 2016 :

Et le plus véreux:

https://twitter.com/kadediha/status/769680829106749440

https://twitter.com/ynnonazaline/status/769664109155614720

https://twitter.com/Djosena/status/769714383962406912

https://twitter.com/eldjrick/status/769679632085942272

https://twitter.com/LaFilleBami/status/770289374043013120

 

 


En attendant le retour de la connexion…

En attendant le retour de la connexion,
La tête baissée, sur le sol les yeux rivés,
A réfléchir au vital et à la passion,
Du matin au soir de la connexion, privé.

En attendant le retour de la connexion,
Taciturne, pensif, émotif et condamné
A espérer mille et une notifications
Sans assurance de s’en quérir, comme un damné.

En attendant le retour de la connexion,
Twitter, Facebook, Instagram et Whatsapp,
Ce circuit  qui sans mansuétude aucune me zappe,
Est vrai, sans connexion, tout est imprécation.

En attendant le retour de la connexion,
72 heures d’exil, très loin du monde des relations
De prières, conjurations, d’impatience et de lutte
En attendant l’envoi ma foi, d’un simple tweet…

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Cinq questions à monsieur le Président de la République

Au Togo, ce n’est plus un secret, recueillir l’avis du Président de la République sur un sujet d’actualité ou faire une interview formelle avec lui reste le plus grand défi des hommes de média. Journalistes togolais, réussissez à obtenir un mot du Président, vous trouverez la réponse à une grande énigme : Qu’y-a-t-il dans la tête de Faure Gnassingbé ?

Jeune journaliste que je suis, il est difficile – l’optimisme m’empêchant de dire impossible- de décrocher une interview du Président togolais, j’en suis convaincu. N’empêche, voici mon protocole d’interview au numéro 1 togolais, si je venais à le croiser…   Souffrez du style et de la qualité des questions, le style est moins journalistique que blog!

  • Monsieur le Président, qu’avez-vous dans votre tête ?

Si aux États-Unis, en France ou même au Bénin voisin, les sorties du Président ne sont pas de grands évènements et si les ambitions présidentielles sont partagées, au Togo, tous ces pré-cités restent mystère. Le président Faure ne communique pas, si ce n’est sur des médias étrangers.  Au Togo, ses sorties sont ponctuelles et il n’y en a que deux dans une année entière. Pas de sorties improvisées. Qu’à le président de si cher et secret dans sa tête pour ne pas communiquer ?

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  • Monsieur le Président, quand les acteurs politiques, la société civile, les institutions internationales et votre peuple à 85%, parlent de réformes institutionnelles et constitutionnelles, qu’est-ce que cela vous inspire?

La question des réformes est celle qui fait l’actualité nationale.  Depuis, si les médias n’ont cessé de se plaire au jeu de mot autour du terme caducité -terme utilisé par l’ancien ministre Maganawe pour qualifier l’Accord Politique Global de 2006 qui préconisait les réformes-,  le Président ne s’est pas encore montré engagé pour lesdites réformes, qui verront sûrement le bout de son règne, si ce n’est sur un média international.

  • Permettez l’audace de la question monsieur le Président : vous est-il une fois venu à l’idée de devenir un ancien Président ?

Tout semble dire le contraire, raison de plus pour se demander ce qu’il y a dans la tête du Chef de l’Etat. Les réformes politiques, seules conditions pour ouvrir la voie d’une alternance politique -en apparence bien entendu- ne sont pas en odeur de sainteté avec le parti du Président. Tout garantit encore au moins deux mandats au Président, hormis celui qui est en exercice : c’est sûrement le dessein de la Ve République qui se prépare secrètement.

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  • Que pensez-vous des médias nationaux ?

Peut-être qu’en général, le Président togolais n’aime pas les produits nationaux. Mais cela devient plus fragrant quand la victime de ce manque d’intérêt est bien le quatrième pouvoir. Le problème des médias ? C’est que la liberté de presse n’est pas encore totalement acquise et l’organisation de Reporters Sans Frontière, dans leur récent classement des pays en la matière, n’offre pas une bonne place au Togo. Et pour ne rien arranger, l’aide de l’Etat à la Presse, qui n’était déjà pas digne de ce nom, a dorénavant une nature mitigée.

  • De vous aux Togolais, quelle est la première caractéristique d’une Démocratie ?

Est-ce la liberté des individus, la limitation du mandat présidentiel, la séparation des pouvoirs, ou les élections « libres et transparentes » ?

Dans chacun des cas, aucune de ces conditions n’est vraiment de mise au Togo, aucune de ces conditions n’est vraiment respectée, difficile de parler d’une démocratie au sens propre du terme.

 


Quand le Scrabble est togolais

Si les disciplines sportives au Togo souffrent d’hémiplégie, le scrabble lui est sûrement le bras droit victime. Il représente pourtant la pierre  utile à l’éducation des citoyens. Le constat est tout à fait saumâtre : être scrabbleur togolais, c’est être conscient que cette discipline participe à sa propre formation, c’est aussi s’y appliquer et n’attendre rien d’autre de personne.

Le scrabble a beau être une activité de réflexion, d’habileté et de décision, privilège des sagaces, échappant subtilement à ceux qui le sont moins, il n’esquive pas la règle générale qui régit les disciplines sportives au Togo : naître en agonie, grandir en agonie et peut-être y demeurer jusqu’à la mort. Cette agonie se caractérise par un manque manifeste et cruel de visibilité, à cause d’une insuffisance de financements, voire une inexistence. C’est surement rêver que d’estimer le scrabble sauf et indemne. Il est confiné aux derniers rangs. Sans mentir, les adeptes togolais du pessimisme l’annonce déjà mort. En réalité, si la fédération nationale du scrabble peut recenser en son sein tous les problèmes d’une petite discipline, il faut tout d’abord retenir que le scrabble togolais a sa propre légende. Cette légende date de 1994, avec la naissance  de la fédération, et elle est surtout marquée par la révérence de quelques scrabbleurs togolais, férus des lettres, avec les jetons dans le sang. C’était la période de scrabbles de rue, où le jeu se faisait dans les écoles, les universités et surtout à la cité de l’OTP. Dans cette première vie, la petite fédération togolaise était reconnue par la grande fédération internationale et participait, à la fin de chaque saison, à une compétition mondiale. Mais entre-temps, c’était la période sabbatique. C’est le 15 mars 2014, à l’issu d’un congrès électif, que la fédération met en place un bureau nationalement reconnu, avec à sa tête M. Aubin-Carlos EDORH. Le 23  mars 2016, à Lomé, le Togo organise et accueille le premier championnat d’Afrique de Scrabble. Il dure 4 jours et réunit une dizaine de pays africains francophones, chacun ayant une délégation d’au moins 10 joueurs. A Lomé, les événements se sont bien déroulés. Tout était sur de bons rails, en apparence bien-sûr.

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« Nous avons demandé qu’on nous conçoive un site web, il manque de l’argent pour finaliser »

La fatalité qui s’érige en loi sacro-sainte au sein du sport togolais, c’est le manque de financement. Cela prend parfois des allures inquiétantes, et affecte le fonctionnement de ce sport. « Nous avons demandé qu’on nous conçoive un site web, il manque de l’argent pour finaliser ». Les ambitions du (désormais) duo de membres du bureau sont salutaires : créer une plateforme sur laquelle diffuser les jeux en live et, en marge de cela, héberger des spots publicitaires. Si le chef d’œuvre de l’architecte new-yorkais Alfred Mosher Butts était de prime abord un jeu de famille, il a un tort : il est un jeu de concentration, qui ne se vit que dans un climat de calme, parfois flegmatique. Cela ennuie les supporters et écarte de facto les sponsors. Des sponsors, le scrabble togolais n’en a que quelques unités. Leur francophonie est évidemment justifiée.

« Dans quel bureau cotiser? « 

Embêtant et parfois rébarbatif, le manque de financement de la fédération a atteint, a priori, son paroxysme. Partant, le bureau exécutif a enregistré beaucoup de démissions. « S’il faut sortir aujourd’hui 5.000, demain 10.000 et après-demain 15.000, c’est juste fatiguant. Et ils disent à la fin de chaque réunion : dans quel bureau il faut cotiser ? » regrette le secrétaire général de cette fédération, M. Emmanuel Adjiwonou. Au sein du bureau exécutif, la témérité a deux noms : celui d’Aubin Carlos Edorh et d’Emmanuel Adjiwonou. La fédération et toutes les cotisations et dettes qu’elle traîne avec elle leur revient un peu comme de droit. On dirait que la nature les a pourvus d’un don pas des moindres : être en même temps au four et au moulin. C’est l’enfant que ce couple a vu naître, qu’il a conçu et qu’il est en quelque sorte obligé de protéger et de garantir la destinée et la prospérité. Ils sont tous deux téméraires. En même temps, la fédération n’a pas de siège. S’ils sont dans les tractations pour  en avoir, c’est en tout cas la maison du président qui fait office de siège. Fort heureusement, dans une moindre mesure,  le bureau ne compte plus que deux membres actifs.

« On a dû leur dire que les enveloppes font office de crédits qu’ils auront au championnat du monde »

Le scrabble est entre le marteau et l’enclume. L’année passée, le Togo a participé au championnat du monde en Belgique, avec un seul joueur et un arbitre, grâce à l’enveloppe d’un sponsor. Cette année, le premier championnat africain ayant connu un brillant succès fait grand honneur à la FTSF (Fédération Togolaise de Scrabble Francophone). A quelques jours de la fin de la compétition, le bureau a procédé à des négociations pour déposer la carte grise d’une voiture afin de laisser les hôtes terminer leurs séjours. Pas d’omerta ! Il resterait encore actuellement une dette de 5 millions FCFA que la fédération doit à deux hôtels. Dette pour laquelle ils sont constamment « menacés ». Même les récompenses à la fin de cette compétition, pourtant importantes, ont été négociées : « On a dû leur dire que les enveloppes font office de crédits qu’ils auront au championnat du monde », déclare le secrétaire général avant d’avouer avec un sourire amusé, « c’était pour éviter la honte. » La réponse de l’Etat à l’aide demandée pour l’organisation de ce championnat n’a pas été favorable. Le soutien n’a été qu’administratif.

Le Scrabble
Le Scrabble

La mélancolique situation d’extrême dénuement de cette fédération ne tardera pas à lui être inéluctable. « L’Etat ne nous donne aucun sou ». Le financement repose sur les membres du bureau et les membres de la fédération.  10.000 FCFA  pour les clubs et 2.000 FCFA pour les joueurs. Ces cotisations qui ne sont guère régulières non plus. Le reste, c’est le bureau. Pour une compétition de scrabble, il faut un local, de la logistique, des arbitres. Le calendrier établi en début de saison est  souvent modifié, par manque de moyens.

La règle du « je »

En dépit de tout, à la FTSF, une affaire inquiète. La hiérarchie donne du fil à retordre. Le problème est relatif au premier championnat africain de scrabble sus-cité. Il est question d’un financement demandé, à la fois à la Direction des loisirs, émanant bien-sûr du ministère de la Communication, de la Culture, des Sports et des Formations Civiques et à la présidence de la République. Il est, à cet effet, reproché à la jeune fédération, de passer outre l’incontournable loi de la hiérarchie. Le secrétaire de fédération doit adresser une lettre d’excuse au ministre, et le sort de sa fédération en dépendra. Le Togo n’est pas pour autant mal représenté à l’international en la matière. Peut-être le scrabble l’est mieux par rapport aux autres disciplines sportives. Colley Jean-Pierre est 1er de la compétition de la francophonie de cette année, arrimée à une compétition internationale où il est 21e mondial des moins de 18 ans. Autrement, dans cette catégorie, le Togo est 21e mondial. En parallèle, il y a beaucoup d’autres espoirs, des jeunes de 10 ans encadrés dans des écoles. La fédération en compte une trentaine. Comme une Formule 1 assemblée avec de meilleures pièces afin de délivrer la meilleure puissance théorique, le scrabble a tout de même besoin de passionnés de ce jeu, des encadreurs, arbitres… et bien entendu, du financement. Exister n’est plus  autre chose que ce diable qui hante le sommeil des membres du bureau. Et si au Togo, les sports qui exigent une musculation physique sont mieux considérés que ceux demandant une musculation mentale, c’est peut-être parce que les têtes bien pleines ont élu domicile ici. Tant pis pour le scrabble et ses soi-disant têtes bien faites.


Instant d’amour avec une inconnue

Dans la salle d’attente timidement éclairée comme dans une garçonnière, je trouve une place. En attendant mon tour. J’ai fait le déplacement pour un casier judiciaire. J’étais à la Justice.

Il est 11h. La faim menaçait mon corps. La chaleur dans cette pièce semblait préparer aux geôles. Je retroussé mes manches, mis mes écouteurs, et me les fit servir quelques morceaux dont je n’ai en réalité plus souvenance. Plongé un peu en moi, l’esprit naviguant à vue. Qui n’a duré que quelques unités de minutes. Je levé la tête. En face, dans la mêlée d’autres personnes devant moi, une jeune demoiselle. Jeune, une nouvelle bachelière je devine. Elle était avec un garçon, visiblement moins jeune qu’elle. Un frère, un ami ou un petit-ami, je ne sais pas. Le temps de l’apprécier, nos regards se croisent. Surpris dans mon action dont moi seul portait l’émotion. Je rabaisse la tête, et je replonge mes écouteurs entretemps vacants. Ça ne put passer, j’ai photographié la fille. Ma mémoire commence à analyser le nouveau fichier. Un processus troublant, le disque dur est surement atteint. Agir immédiatement au risque d’en dépendre plus tard.

Des prunelles rondes, blanches au travers desquelles je reflétais…

Le temps de feindre le préoccupé, je relève la tête. Seconde tentative. Elle me lorgnait aussi en réalité. Le jeu prend une allure impressionnante. Ça devrait davantage l’être si l’inconnue était seule. Elle me regarde trois secondes et me sourit. L’instant de réflexion m’échappe. En ma mémoire innocente, seul ce visage doux a sa place. Des prunelles rondes, blanches au travers desquelles je reflétais. En deçà de paupières enchanteresses.  Au sein de ces prunelles, siège une rétine bien ébène. Dans ces prunelles, des foudres, de la lumière, une étoile flamboie. Revolver. Un nez pointu, inspirant le bonheur. Une bouche, celle qui prononce le verbe « aimer ». Les lèvres huileuses, celles qui ont déjà mangé ce matin-là. Les tresses naturelles, nostalgiquement bouclées. Impression de parfaite simplicité. Des mains qui pouvaient me caresser sans toucher. Le teint, preuve parfaite d’une belle éducation de base. Pas de dépigmentions. Pas de pommade. Du moins, apparemment. Unicolore, qui tire sur le noir, sans pourtant l’être totalement. Et son sourire, civilisé, gentil, aimable, fort convenable et respectueux de sa propre image, qui se limitait aux coins arrondis des lèvres. Mon inconnue était en simple T-shirt. Jeans noir, chaussures… ? Je ne suis pas arrivé jusque-là. Prisonnier volontiers d’une frimousse qui ne pouvait que rendre jaloux, une fois qu’on la possède. Une taille débitée à mon aise, se prêtant en ma forme. Charmante silhouette d’environ 1,75m. Forme mi svelte, mi moyenne. Le derrière ? Ne vous ai-je pas dit qu’elle était assise ? Néanmoins ce n’est probablement pas une callipyge. Qu’elle ne puisse se réclamer une Minaj !  Elle devrait juste être une dodue. Simple. Et très bien.

Entretemps, elle a cassé le rythme, démoli tout ce formidable construit…

Que l’idée est si rapide. Il faut agir. Prendre au moins le numéro, peut-être l’enregistrer avec comme nom, Inconnue. Le reste m’est égal. Internet aidant. Mais dans cette pièce qui laisse l’impression d’à peine jour, au moins une douzaine d’autres yeux sont braqués sur nous. L’accompagnateur de mon inconnue semble plonger dans son subconscient. Elle me lança encore un sourire. Fatal. Mais prétexte se concentrer sur son téléphone. L’occasion de lui offrir mon premier sourire. Pas celui que mes amis de chaque temps peuvent aisément décrire. Celui qui laisse un parfait portrait de ma physionomie. Suis-je assez beau pour séduire à coup d’impression, de jeu de mimiques et de clin d’œil, une telle fille ? En tout le jeu semble marcher. L’instant se prolonge, les  sourires deviennent synchrones. Entretemps, elle a cassé le rythme, démoli tout ce formidable construit, en posant son bras sur son accompagnateur. Entretemps, elle lui a fait des confidences. Les deux se sont regardés, comme des amants, et ils ont ri ensemble. Puis, réorienté les regards en face. C’était sur moi. Mais je crois qu’on s’admire elle et moi. Même si peut-être elle est avec son petit-ami.  Son visage est trop accrocheur. A regarder de près ses lèvres, je crois qu’elle murmure quelque chose. Son nom, un numéro ? Maudite salle d’attente, où les rayons de l’astre du jour n’a pas droit de cité. Le noir. Rien à deviner. Profonde attention, cela pourrait servir. Dans le secret de mes entrailles, la mayonnaise a pris. Le temps de finaliser (peut-être) le processus…

L’inconnue est partie là d’où elle vient

Innocent… A bramé une voie derrière moi.  C’était malheureusement mon tour chez l’agent. Le temps de précipiter ce dernier afin qu’il me serve le plus promptement possible, et de sortir, dix minutes m’ont échappé. L’inconnue est partie là d’où elle vient. D’où en réalité ? Je ne sais pas. L’instant de comprendre qu’on n’était pas là pour le même besoin. Elle est surement avec le juge d’instruction. La salle d’attente était en fait unique. L’instant de regretter son départ et de remémorer ce bref moment d’amourette partagé entre ma complice inconnue et moi. Le soleil est au Zénith, le temps est beau. Il vient de sonner 12 heures.

Et le reste n’est plus qu’une image, un fil de brefs instants. Jalousement gardé dans mes Mémoires. Qui devient de plus en plus flou. Les heures rongeant !


Vous ne fêterez plus Evala par hasard!

Nous sommes au mois de juillet, au Togo. Probablement avant la proclamation des examens du baccalauréat deuxième partie. Au Nord du pays, une des fêtes traditionnelles avale l’ampleur d’autres, si bien qu’elle devient objet de curiosité. L’administration publique est de presto transposée vers le Nord du pays et Kara devient de presto la nouvelle capitale… pour au moins une semaine.

La controverse n’a pas tari de sa sève. Et plus d’un s’interrogent encore. Evala, est-elle plutôt la fête nationale ? Vraisemblablement, rien qu’à voir de près le dispositif déployé, la précision et la finesse dans l’organisation, et c’est l’importance que tout le monde, dont les autorités premières du pays accordent à cet évènement qui achève de convaincre.

Ce mois de juillet est encore victime d’une migration vers le Nord du pays. Il faut reconnaitre, le phénomène a su s’imposer, faisant de lui, le grand événement du début des vacances et trouvant par la même occasion, une période toute taillée d’échapper à l’embarras qu’offre souvent la multitude de fêtes traditionnelles. Placé juste à la fin des examens scolaires et coïncidant par la même occasion au début des vacances. Ce qui fait de cette fête, une grande opportunité même pour les commerçants.

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Mais diable pourquoi Evala tant rêvé d’un côté, déchire de l’autre ?

L’importance outre mesure accordée à Evala a fini par être l’arme qui sera utilisée pour maculer sa réputation, si ce n’est au delà des frontières nationales – ce qui est peu probable-, au Togo, et surtout vers sur le Sud du pays. Les conflits d’ethnies causés depuis les périodes coloniales, dans le dessein semble-t-il de diviser pour facilement dominer porte encore ses amers fruits. Et les deux grandes ethnies du Togo –Ewe et Kabyè- continuent de s’en martyriser, (au dam d’autres ethnies) au point parfois où une sorte de haine se constate. Les périodes entretemps tendues des élections illustrent mieux la situation.

A l’heure où ces mêmes autorités scandent l’hymne de la réconciliation, au nom d’une nouvelle nation qui portera dignement le nom du Togo, c’est à cette heure que les clivages deviennent ô malheureusement bien visibles. L’administration publique qui vide la capitale officielle pour loger une demeure temporaire dans les beaux hôtels de la nouvelle capitale. Parfois, le phénomène devient plus inquiétant quand la proclamation des résultats du baccalauréat doit supporter jusqu’à terme la bravoure d’une poignée d’hommes. En ce moment, d’autres milliers de bacheliers sont contraints de stocker leurs stress et tout ce qui peut y aller avec.

Le président Faure Gnassingbé s'adressant aux lutteurs. Crédit: RepublicOfTogo
Le président Faure Gnassingbé s’adressant aux lutteurs. Crédit: RepublicOfTogo

L’importance accordée à cet évènement est sans pareille. A d’autres fêtes traditionnelles comme Ayizan, Agbogbozan, Epe-Ekpe, Ovazu, Hogbeza, Gadoa, le président fait rarement le déplacement, quelques ministres délégués le représentent. Ce n’est pas le cas avec Evala, où tous les ministres y sont présents, coiffé par son Excellence. Lors des Evala de l’année passée, quelques célèbres lutteurs sénégalais furent invités pour leurs spectacles, de même que des comédiens et artistes ivoiriens. La célèbre Delta Akissi aurait même animé une conférence publique. L’édition de cette année connaitra la participation de la vedette (et amie du président), la nigériane en vue à l’heure actuelle Yemi Alade. Alors même que certaines fêtes traditionnelles peinent à s’organiser efficacement. La CEDEAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest) a récemment fait don des matériels de luttes pour soutenir la campagne de cette année. D’ailleurs la qualité et l’image sainement préservée d’Evala –en complicité avec la télévision nationale qui y prête particulièrement une considération pointue, plus que d’autres événements du genre- au point où tout le monde souhaite voir ce qui s’y fait. Le tout, à l’image d’un culte de l’ethnie Kabyè, minoritaire devant les Kotokolis et les Ewe pourtant. Entre Evala et les autres fêtes traditionnelles, le contraste est manifeste.

Un fait, sinon une discrimination qui n’a aucunement de caractère grégaire. Devrions-nous aussi forcément appartenir à la même ethnie que le Chef de l’État pour être heureux ?


Le faucon meurt : les rapaces pleurent

Stephen Keshi, après la mort de sa femme (Getty Images)
Stephen Keshi, après la mort de sa femme (Getty Images)

Son nom restera gravé dans la mémoire des rapaces: les Aigles (ou Super Eagles) et les Éperviers, au Mali, au Nigeria ou au Togo.. où il n’est plus à présenter. Stephen Keshi. Un autre sportif que la mort a royalement emporté.  54 ans, Nigérian de nationalité. Que retenir de ce « boss » qui a autant marqué le football de son pays que celui du Togo ou du Mali ?

1- Ancien joueur

Stephen Keshi est un entraîneur et ancien footballeur international nigérian (64 sélections – 9 buts). Keshi joueur était défenseur central. Il était surnommé « Big Boss ». Il a joué avec les Super Eagles durant la Coupe du monde 1994 et a remporté la Coupe d’Afrique des nations (CAN) la même année

2- Champion de la Belgique en 1991

Côté clubs, il a passé quatre saisons à Anderlecht, remportant un titre de champion de Belgique en 1991 et deux coupes de Belgique en 1988 et 1989. Il a ensuite porté les couleurs du RC Strasbourg de 1991 à 1993. Il a également joué aux États-Unis et en Malaisie où il achève sa carrière de joueur en 1997.

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3- C’est avec le Togo qu’il est devenu un entraineur principal

Devenu entraîneur, il entre dans le staff des Super Eagles, mais pas en tant qu’entraîneur principal. C’est à la tête de l’équipe du Togo qu’il fait ses preuves en qualifiant à la surprise générale ce pays pour la phase finale de la Coupe du monde 2006. Mais il ne dirigera pas le Togo en Allemagne : il est en effet remplacé par Otto Pfister après l’échec rencontré lors de la CAN 2006.

4- Deuxième Africain à remporter la CAN en tant que joueur et entraîneur

Après un bref retour à la tête du Togo, il devient le sélectionneur de l’équipe du Nigeria en novembre 2011. Il mène l’équipe à la victoire lors de la CAN 2013. Il est le deuxième Africain à remporter le trophée continental en tant que joueur et entraîneur, après l’Égyptien Mahmoud El-Gohary.

5- Il aimait les rapaces…

S. Keshi a passé son temps à la tête des rapaces. Au Togo ou il a coaché les Eperviers; au Mali, il a appris à dresser les Aigles ou chez lui où, après avoir fédérer les Super Eagles, a réussi à remporter la CAN.

Keshi est un colosse en Afrique.