Innocent AZILAN

Ali est mort, vive Ali !

Crédit photo: L'express
Crédit photo: L’express

L’an 1974 et le 30 octobre. Kinshasa. Le dictateur Mobutu accueille chez lui le ‘combat du siècle’. Au bout du 5e round, Ali triomphe avec un K.O le grand Foreman. Ali confirme sa réputation et devient le sportif le plus populaire du siècle. Mais devant la mort, peut-être affaibli et par l’âge, et par la maudite maladie de Parkinson, Ali perd ses K.O. Sa mort annoncée, beaucoup de sportifs ont tenu à lui rendre hommage et son nom est redevenu célèbre sur le web. Beaucoup de personnes le connaissent, mais beaucoup plus souvent qu’avec le nom. Voici les 5 dernières choses (cachées) à retenir sur sa personne :

1-Il s’appelait Cassuis Clay.

Né le 17 janvier 1942 à Louisville au Kentucky et mort le 3 juin 2016 à Scottsdale, en Arizona2,  Ali est un boxeur américain évoluant en catégorie poids lourds. Il s’appelait avant l’âge de 22 ans, Cassius Marcellus Clay. C’est après avoir rejoint la nation de l’Islam en 1965 qu’il change Cassuis Clay (nom d’esclave) en Mohammed Ali. Le premier étant son nom d’esclave, il changera son patronyme (Clay) en X premièrement, Cassius X, la lettre X faisant référence au rejet de son nom d’esclave en l’absence de son véritable nom d’origine africaine, pratique courante au sein de cette organisation. (Exemple : Malcom X)

Crédit photo: bbc.com
Crédit photo: bbc.com

2- Ali a été inspiré par un policier

Alors qu’il est âgé de 12 ans en 1954 à Louisville dans le Kentucky, le jeune Cassius Clay est victime d’un vol de vélo. Énervé il rencontre un policier à qui il fait part de son intention d’infliger une correction au voleur. Le policier, Joe Elsby Martin Sr, lui dit qu’il ferait mieux de commencer par apprendre à boxer. Le jour suivant Cassius suit son conseil et commence à prendre des cours de boxe sous la houlette de Martin. Quelques semaines plus tard il dispute son premier combat et remporte sa première victoire. Ali mettra au crédit de Martin de lui avoir appris à voler comme un papillon et piquer comme une abeille.

3-Ali avait tourné le dos à Malcom X

Après avoir rejoint la Nation de l’Islam, Malcolm X fut le seul musulman à le soutenir avant son premier combat contre Liston auquel il a d’ailleurs assisté. Il était toujours en ce moment Casuis Clay. Puis il reçoit le nom de « Mohamed Ali » de la part d’Elijah Muhammad, chef du mouvement. Une lutte de pouvoir s’engagera autour d’Ali dont la popularité devenait impressionnante, entre Elijah et Malcolm X. Finalement, Ali tournera le dos publiquement à Malcolm lors d’un voyage au Nigeria en 1964 et sera managé par Herbert Muhammad, le propre fils d’Elijah.

4-Ali a refusé le service militaire en 1966

En 1966, il refuse de servir dans l’armée américaine engagée dans la guerre du Viêt Nam et devient objecteur de conscience argumentant qu’il n’a « rien contre le Viêt-cong » et qu’« aucun Vietnamien ne m’a jamais traité de nègre ». Dans le film qui lui rend hommage, l’acteur Will Smith, la traduction en français de cette phrase est : « aucun Viêt-cong ne m’a jamais traité de sale nègre. » Le 28 avril 1967, il refuse symboliquement l’incorporation dans un centre de recrutement. Le 8 mai, il passe en justice. Le 20 juin, il est condamné à une amende de 10 000 dollars et à 5 ans d’emprisonnement, il perd sa licence de boxe et son titre.

5- Will Smith et Lennox Lewis porteront son cercueil – source: le Figaro

L’acteur américain Will Smith et l’ancien champion du monde Lennox Lewis de boxe transporteront le cercueil contenant la dépouille d’Ali. Et cela a tout son sens, puisque Will Smith avait incarné le rôle de Mohamed Ali dans le film de Michael Mann Ali, sorti en 2001. Il est depuis resté proche du boxeur légendaire décédé vendredi 3 juin, des suites de Parkinson.

Né en Grande-Bretagne, Lennox Lewis est quant à lui considéré comme l’un des plus grands boxeurs de ces 25 dernières années, ayant décroché plusieurs titres mondiaux dans les années 1990 et 2000.

Les deux vedettes transporteront ainsi le cercueil contenant la dépouille de celui que l’on surnommait The Greatest avec six autres porteurs, proches ou membres de la famille du boxeur disparu, a précisé le porte-parole de la famille.

Quelques une de ses citations…

« Dans 100 ans, ils diront que j’étais blanc…c’est ce qu’ils ont fait à Jésus. » 

« Si vous rêvez de me battre, vous feriez bien de vous réveiller et de vous excuser. »

 « Le combat que le monde n’aura jamais l’occasion de voir pour le titre de ‘The Greatest’ serait entre Cassius Clay et Mohamed Ali. »


Les mille et un pasteurs escrocs

Eglise. Crédit: blogchrétien.org
Eglise. Crédit: blogchrétien.org

Le boom des églises nouvelles tape à l’œil. En Afrique, surtout au Togo, autant le chômage importune la population, autant des idées ingénieuses -mais devenues moins originales- d’entrepreneuriat éclosent. Des demandeurs d’emploi de jadis deviennent presto des hommes de Dieu, des pasteurs et des patrons. De la « révélation » en un premier temps, on arrive à l’escroquerie pour la fin des temps : entre ces deux principes de gouvernance pastorale d’aujourd’hui, les nouveaux saints s’offrent un destin que les médias participent à forger.

Il y a au Togo et en Afrique, ces entreprises, des startups en réalité, qui ont juré ne travailler qu’avec une seule matière première, aussi intarissable que gratuit, toujours opérationnelle : l’esprit saint. L’apocalypse l’a déjà prédit. A la fin des temps, les faux prophètes devraient faire apparition et pousser comme des champignons. Le constat, c’est qu’en réalité ils sont comme du « miel non pur » qu’on s’applique à trouver dans les boutiques. Cela existe en réalité, sinon il n’existe que ça, mais on ne présente que le contraire.  Ces mitoyens se veulent mieux que ça.  Des zozos chefs d’entreprises, de vrais potentats derrière les rideaux en réalité, qui maîtrisent l’art de la démagogie et ânonnent à longueur d’un culte, des versets qui n’incitent qu’à se dépouiller au dépens de « Dieu ». L’existence duquel Dieu devient un secret jalousement gardé par ceux-ci, et dont l’intermédiaire ne peut être assuré que par eux. L’autre constat, c’est qu’ils s’érigent dans la plus part des cas, en véritables mercenaires impérialistes, des protecteurs de valeurs chrétiennes et qui ne vivent que de cet art. L’ennui avec ces « puissamment oints », ce qu’on croit souvent blasphémer en parlant d’eux, mais en réalité, on ne fait que les peindre. Quitte à s’approprier parfois, souvent au bout d’un rébus, des titres honoris causas tels : Diacre, Prophète, Révérend.  Et comme il est de la nature même du  serpent de ne manœuvrer qu’en rampant, il est aussi dans leur nature de ne manipuler qu’en prêchant. Encore trop loin de l’auto flagellation, ces « hommes de Dieu » sont également organisateurs des parties d’escroqueries, avec pour avantage, le don du marketing dans l’ADN.

Lire aussi : Cyclisme togolais, l’histoire d’un orphelin

Missi Dominici

Dans la première vie, « ils sont souvent là, errant et se plaignant du chômage et de la pauvreté » ironise un sexagénaire vivant à Agoè (nord de Lomé), qui a vu naître autour de lui, 6 églises différentes en moins de 10 ans. Par après, de vrais copurchics, bien huppés en 4*4 et s’offrant une vie de haut standing, un bling-bling que tout autre, même des multinationales,  peuvent leur convoiter. Vivant à la sueur des fronts des fidèles, secret de Polichinelle, ces hommes de Dieu sont souvent connus pour n’avoir ni fait de longues études, encore moins touché la théologie du doigt. Pourtant, ils inspirent  confiance de par leur capacité à ne guérir et faire trembler qu’avec leurs mains.  Business de pointe, beaux flatteurs, ils ne vivent bien évidemment qu’aux dépens de ceux qui les écoutent. En général, des femmes. Une cible bien choisie. Vulnérable dans ce sens, qui obéit plus facilement. Quelques fois, leur charisme leur vient de leur humeur, le plus souvent énergique et agitée voire surexcitée. La langue anglaise quant à elle, leur devient un passage obligé a moins de n’être prophète que chez soi. Apte à jeter des sorts, sur  tout ‘mauvais esprit’ au constat d’un moindre acte de lèse-pasteur. On ne parle pas d’eux, faute d’avoir le cran ou de matières probantes. Le plus paradoxal, diagnostique un autre qui se veut athée, c’est qu’ils sont prêts à prier pour la richesse des fidèles afin qu’ils cotisent par après plutôt que de le faire à même pour l’église.

Crédit: Afrimag
Crédit: Afrimag

Quatre à cinq cotisations en moyenne, ayant chacune, un nom, une mission, semble-t-il. Dîmes –qui deviennent des engagements hebdomadaires-, don aux pauvres, construction d’un temple digne du « Seigneur », cotisation pour l’évangélisation via les médias…

En 2011, le conflit entre les frères dirigeants d’une même entreprise a fait écho à Tsévié (ville située à une quarantaine de km de Lomé). Selon les témoignages d’Edwige, une jeune fille qui n’a pas encore perdu ce réflexe de se targuer d’être les premiers à louer ce nouveau dieu, le conflit était lié aux cotisations. En réalité, un homme beaucoup plus perspicace reconnait-elle, avait relevé le problème de moult cotisations qu’ils font lors d’un seul culte de dimanche. Quatre à cinq cotisations en moyenne, ayant chacune, un nom, une mission, semble-t-il. Dîmes –qui deviennent des engagements hebdomadaires-, don aux pauvres, construction d’un temple digne du « Seigneur », cotisation pour l’évangélisation via les médias… Un système purement mercantile, qui n’échappe pas au contrôle du jeune sage. C’est alors quand il dénonce un culte à Mammon, que les problèmes sont survenus, allant des clashes entre les deux parties antagonistes jusqu’à la division à la tête de ce startup familial.

L’art des marketeurs

Le verbe est leur premier atout. Le mode impératif n’en est pour rien. L’urbanisation qui fait montre d’un caractère disparate de la cible idéale, cette population à majorité femmes opulentes, exige de ces marketeurs, un préalable de casting. Objectif : les localiser ; c’est le premier jour dans leur genèse. « Ça part de la construction d’une baraque, remplie de bancs, puis on cherche les outils indispensables : haut-parleurs, des instruments musicaux et hop, c’est lancé ». Les cultes sont souvent organisés chaque jour. De lundi à dimanche. Groupe de prières, armée de midi, culte de dimanche…, tout pour occuper toute une semaine avec pour chaque fois, des appels de fonds.

Mais diantre pourquoi ces mortels s’appauvrissent-ils au dépens d’un autre ?

Quand on remonte au livre sacré qu’est la Bible sur la référence duquel ce business fonde ses divins principes, les soubassements sont assez vagues, mais l’esprit lucide et averti des uns les rendent facile à interpréter : « Un homme comblé est plein de bénédiction mais celui qui hâte de s’enrichir ne reste pas impuni », trouve-t-on dans les lignes du livre des Proverbes 28, au verset 20. La méditation fréquente, sinon quotidienne d’une telle citation parfois dressée au verso des enveloppes remis aux fidèles pour les quêtes donne souvent de la chair de poule aux  profanes, et les non-initiés aux règles du jeu. Pour qui la seule hantise est la vie de l’au-delà comme promise à ceux qui obéissent docilement aux principes célestes, ce verset, comme beaucoup d’autres plus poignants, sonne comme le glas d’une éternité sans précédente. « Tu ne te présenteras pas devant ton Dieu les mains vides » Exode 23, 15  ou encore « celui qui aime l’argent n’est pas rassasié par l’argent, et celui qui aime les richesses n’en profite pas. C’est encore là une vanité » Ecclésiaste 5, 10.  « Le Seigneur n’a-t-il pas dit à Zachée que s’il veut être sauvé au dernier jour, qu’il donne tous ses biens au pauvres ? » se défendent-ils bien souvent, en jouant pour la même circonstance comme les one-man-show, le même rôle.

Au même moment, ils ne se contentent pas que des cotisations lors des cultes. L’appétence fort peu modérée de ces nouveaux saints exige d’eux, d’autres mécanismes de revenus connexes. C’est ainsi qu’on voit à Lomé, des audiences de pasteurs payantes, 5000 FCFA la visite. De même la vente de certains ustensiles utiles pour se protéger et combattre Satan : des ciseaux et lames pour déchiqueter la peau cet esprit malveillant, après bien entendu l’avoir ligoté  avec des ficelles, qui, elles-aussi, ne coûtent pas rien. Des scènes souvent drôles, à l’image des fictions de Louis Funès. Si ce n’est cela, ce sont des excursions organisées sur le pays des merveilles, des cités ointes, des voyages bénis sans lesquels tout autre effort pour l’accession au paradis reste vain, jurent-ils.

Fétichisme d’un Dieu moderne

« Frères croyants, ‘Ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et les perditions’, 1 Timothée 6,9 » est ainsi gravé en lettres d’or, sur un tableau à l’autel d’une église. Si le christianisme se veut une religion monothéiste, force est de constater aujourd’hui une perdition des valeurs judéo-chrétiennes. Le Dieu n’a qu’un nom, évidement, mais plusieurs faces. « Au début, ils gèrent seuls leurs choses, et c’est après la  bénédiction de Dieu sur leurs femmes qu’elles intègrent aussi le groupe restreint de patrons pour devenir ‘mère des femmes de l’église’ », témoigne Alexandre.

Relais des impérialistes, ces pasteurs s’approprient les « tacts » que le roi Belge Léopold 2 recommandait à ses missionnaires. Évangéliser certes, mais alimenter les poches de la métropole aussi, de même qu’ « interpréter l’évangile de la façon qui serve le mieux l’intérêt » des pasteurs, de telle sorte qu’à dire « Heureux les pauvres car le royaume des cieux leur appartient » ; ou « il est plus difficile à un riche d’entrer au ciel qu’à un chameau de passer par le trou d’une aiguille ». A l’art du marketing qu’ils improvisent parfois ou domptent carrément, s’ajoute ainsi celui de la psychologie.

Ces pasteurs ne gardent pas les frics avec eux à la maison

Quand Alexandre les côtoie, il a appris à les connaitre. Il en témoigne : «  Ils sont très riches. Au début, la plus part d’entre eux venaient ici sur zed (Taxi moto). Il a suffi quelques années pour qu’ils aient de jolis Toyota. Ces pasteurs ne gardent pas les frics avec eux à la maison. Pour une raison que je ne maitrise pas, ils gardent très rarement leurs bénéfices à la banque aussi. Peut-être par peur qu’un fidèle travaillant là-bas le découvre ? Possible. Mais ce que je sais, c’est qu’ils préfèrent convertir l’argent en biens, surtout  l’immobilier : ils s’achètent des maisons, des terrains, des hôtels… De grands propriétaires terriens, ils détestent quand-même la banque ». C’est peut-être pour échapper à des scandales comme,… le Panama Paper’s.


Un matin pas comme les autres : aujourd’hui, j’ai battu Papa

Le jour où j’ai battu le daro, c’était un lundi de Pâques pas comme les autres.

Cette Pâques (2016) n’a rien de spécial à mes yeux. Loin s’en faut, on penserait à une crise économique qui secoue la ville de Tsévié où j’ai passé ces congés aux côtés de mes parents. Rien de spécial, je ne garde aucun souvenir de ce dimanche donc.

Innocent Azilan
‏@ynnonazaline

Franchement, il n’y a de Pâques aussi sèches que celles-ci. #Lomé
13:17 – 27 mars 2016

https://twitter.com/ynnonazaline/status/714184657798045696

 Nous sommes le lundi 28 mars. Un lundi après les Pâques, un lundi férié alors. Il fait jour à Tsévié. Papa m’a demandé, ainsi qu’à maman de l’accompagner visiter le nouveau bar d’un de ses neveux.  Des invitations à l’improviste, c’est le propre de mon père. C’est plutôt un contre-programme, moi j’ai d’autres chats à fouetter. Mais le père est aussi autoritaire du genre Hitler. Et je n’ai pas le choix, j’ai intérêt à me hâter pour être à l’abri ses semonces. Maman nous devança. Moi, je devrais aller à moto avec le Père.

Il est encore 09h, mais le soleil ne nous fait pas grâce de ses chaleurs. Quelques 36° à l’ombre, il y a de quoi réfléchir encore sur la COP 21. Nous arrivons chez le neveu. La chaleur nous menaçait toujours. Les ventilateurs n’oxygénaient que cet air chaud. Une alternative, Papa en avait. Pas moins que moi en tout cas, puisque nous sommes venus dans un bar. Appel au garçon, Papa n’a pas changé d’habitude, il n’a soif que de la bière Awooyo.

-Garçon, Awooyo (1) pour moi et… Avant même que je ne signale ma préférence, un Youki(2) pour le petit, a-t-il ajouté rapidement avant de me demander lequel (Youki). Papa n’a pas encore perdu ce réflexe ? M’étais-je interrogé.

Un coup fatal. Ce n’est de la routine de boire en tête à tête avec le père. Cela arrive rarement, aussi bien que la dernière fois que la fortune l’a permis, je m’en souviens plus en réalité. Mais cette fois, c’est mal connaître ma témérité, m’étais-je juré. Son visage exprime à perfection l’innocence, et le mien, surement la détermination. Je me levai pour suivre le servant, comme pour l’aider dans cette tâche. L’occasion taillée pour exiger mon Pils(3) à l’insu de Papa.

Le servant semble assidu et taciturne dans sa besogne. A peine eut-il le temps de laisser sur la table nos commandes que papa lui demanda le rôle d’un Pils entre un père qui prend son Awooyo et son fils post-mature. Je tente vaille que vaille de justifier ma préférence ; « bien » a-t-il finalement acquiescé.

Ma gorge est on ne peut plus sèche. La chaleur de bientôt 10 h est désormais de trop. Je me sers la bière bien fraîche. Mais anticiper sans même trinquer avec Papa serait exagérer. Pour autant, ses préoccupations semblent différentes des miennes, il est accroché à son portable. Bon, désolé pour les canards boiteux, avais-je suggérer secrètement dans mes muses. Je pris mon verre, je le vidai à moitié ; « plutôt une belle amorce pour ce petit » avait-il pensé ?

Innocent Azilan
‏@ynnonazaline

Quand tu liquides ton #Pils en juste 30 min devant ton Papa qui souffre lui devant son #Awooyo: pas drôle!

06:21 – 28 mars 2016

https://twitter.com/ynnonazaline/status/714442239917711360

Belle première partie, la chaleur aidant j’ai fini ces quelques centilitres de bière avant le père. Mais celle-là, c’était pour attendre le neveu. Les secrets de la cuisine sont confiés à maman et d’autres femmes venues assistées à la fête elles aussi. Elles ont vite assuré, le plat de foufou est bien déjà prêt. Une bière pour l’accompagner, c’était sûr. Le deuxième tour donc. Papa n’a pas entre temps changé. Moi non plus. Il exige son deuxième Awooyo, et moi mon Pils. Le regard du vieux devient parlant, comme pour me dire, « ce petit veut me défier ». Quelques gorgées seulement, et Papa ne peut plus échapper à la règle générale qui conditionne le breuvage de la bière : uriner. Il semble être menacé par ceci, et moi je reste serein. Je liquide sous quelques gorgées ma deuxième bouteille, alors que Papa croupit encore sous le second verre de sa bouteille. L’environnement devient délétère. La bière était à gogo. J’en exigeai encore une bouteille que je n’ai non plus eu la peine de désemplir. Papa quant-à lui, venait de vidanger son verre et promet ne plus continuer.

Innocent Azilan
‏@ynnonazaline

On dirait qu’on met plus d’alcool dans #Pils hein..

06:29 – 28 mars 2016

Bières
Crédit: Pixabay

Très bien. Mais j’ai finalement honte de battre mon père à cette partie de bière. Je n’étais pas au  bout de mes possibles. J’en pouvais bien encore. Mais trop point n’en faut, et Papa me demanda alors une question :

Innocent Azilan
‏@ynnonazaline

Et quand le daro te demande
-Innocent depuis quand t’as commencé par boire la bière? on répond comment?
06:26 – 28 mars 2016

Depuis la nuit des temps c’est ça??
06:27 – 28 mars 2016

https://twitter.com/ynnonazaline/status/714443647505162240

A peine j’y pensais pour une lui offrir une réponse, une des moins indignes qu’il se leva et quitta sanAs moi. Il vient de sonner midi. Etait-il fâché ? Qu’en sais-je ? Surement que c’est la dernière fois que j’ai bu avec lui en tout cas.

Innocent Azilan

(1) La bière AWOOYO est une bière brune ayant un taux d’alcool de 6,2%.

(2) Youki est une marque de boissons sucrées fabriquées au Togo.

(3) La bière Pils est un type de bière blonde et limpide, de fermentation basse apparenté au type lager. Elle titre environ 5 degrés d’alcool et possède une amertume moyenne.


Nous Togolais, nous pissons sur la ponctualité !

Connaissez-vous cette phrase qui commence les rencontres: « excusez-nous pour le léger retard, c’est indépendant de notre volonté » ? Je parie que vous êtes Togolais.

Au Togo, il existe une tradition selon laquelle, respecter l’heure est passible du courroux des dieux. C’est une tradition en réalité. Elle prend parfois des allures embêtantes, mais se justifie toujours. Ce qui est évident avec ce principe, c’est  que vouloir y remédier, c’est comme interdire à un béninois Vodoun de continuer ses pratiques, et de devenir chrétien, alors qu’il a déjà prit goût de la journée du 11 janvier chez eux. On ne peut plus s’y plaindre, surtout quand on est condamné à vivre avec, et à s’y frotter pratiquement chaque fois. Parfois, cette mauvaise habitude devenue logique  se justifie par son caractère général. Ce qui fait qu’en fin de compte on a deux types d’heures en Afrique : heure africaine, et heure européenne. Mais l’attachement plus à des valeurs de chez nous au dépens bien évidemment d’autres fait que le plus souvent, sinon toujours, en tout temps et en tout lieu, le retard fait la loi. Concert, réunion d’administration,  inauguration, lancement et même simple rendez-vous.

C’est une routine, et cela gêne rarement. Le cas est plus fragrant lors des concerts et autres, ces genres de sorties d’humeur. Où, la plus part des cas, c’est à l’heure indiquée pour commencer le spectacle qu’on fait le « test micro », après quoi, les prestataires doivent se faire désirer encore avec un retard, léger soit-il, de 30 min à 1 heure voire plus. Le tout dépend de l’acrimonie de la star.

Même pour des rendez-vous entre amis pour prendre un pot, et aucun vrai Togolais ne me dira le contraire, c’est souvent le pot qui attend les amis.

L’OTR (Office Togolais des Recettes) s’en moque aussi

L’OTR, en vrai Togolais n’échappe pas à cette règle. Lui, qui fait pourtant montre de parangon, irrépréhensible et immaculé à brandir comme un modèle pour toute autre institution togolaise, importe peu la nature. Mais cette pratique qui consiste à faire attendre des simples clients aux journalistes pour un rendez-vous de conférence de presse fait sa route. Sans qu’aucun des acteurs ne songe à l’arrêter. Si bien que  l’OTR, pour la circonstance Office Togolais des Retardataires, ne se reproche rien.

Lors de la dernière conférence de presse organisée, le cas s’est accentué. Le commissaire  avait de la matière à faire regretter les journalistes la ponctualité qui leur est conseillée malgré la tendance. Comme pour dire, « relaxe, vous êtes trop pressés, nous sommes au Togo. » C’est ainsi que pour une rencontre prévue sur 9h du matin (il faille parfois le préciser), le commissaire s’est pointé à 11h 29, laissant les médias l’attendre pour plus de deux heures. Mais on est où là ? Ici c’est Togo !


Sauf votre respect Monsieur le Ministre, votre sport souffre de l’hémiplégie* : cyclisme

Capture d'écran: chaussures de course d'un cycliste togolais
Crédit photo: Noël Tadegno

Ce n’est pourtant pas le fonds qui manque le moins, sinon un ministère ne serait pas dédié à ce secteur. Le sportif au Togo, loin d’être une star vivant dans une opulence sans nom, ne peut rien réclamer comme telle. Leur situation est autant désolante que celle du sport lui-même. Visiblement, seul le football tire le drap de son côté, visiblement bien-sûr, et laissant les autres sports dans une léthargie de laquelle ils sont, dira-t-on, condamnés à demeurer.

Visitant certaines fédérations et recueillant leurs avis et problèmes, le constat selon lequel le sport souffre de l’hémiplégie n’est pas du tout factice ou erroné. Manque criard de financement voire laisser-pou-compte, c’est à la traine qu’on peut retrouver ce sport, laissant ces artisans pusillanimes, et pire, dans un manque réel d’ambitions.

Le récent cas du jeune cycliste Raouf Akanga serait de la matière à en rire aux moqueurs, sinon, ferait beaucoup réfléchir les sympathiques. La forme physique du jeune de 22 ans a beaucoup impressionné, mais le matériel laissait à désirer. L’histoire racontée par les journalistes sportifs sur les réseaux sociaux est affligeante. « Rappelons que le vélo avec lequel Raouf est allé au Bénin s’est brisé jeudi au moment de gagner la troisième étape. Samedi, il a couru avec le vélo de son coéquipier Fabio Anani, qui s’est également cassé. Faute d’un nouveau vélo, les Béninois lui ont prêté un vélo avec lequel il a couru ce dimanche. Et voilà le résultat. Dommage », commente Steven Lavon sur Facebook. Contacté le cycliste, ce sentiment de désolation et déception est le mieux  partagé ; Entre trois mots, le poids du message et l’émotion qui y va avec est plus lourd : « je suis déçu », m’a-t-il simplement écrit. La honte a franchi et cap, et Ablam Gnamesso, journaliste béninois, partage aussi son émotion : « J’ai du mal à retrouver le sommeil après le spectacle du manque de matériel de l’équipe togolaise hier dimanche 15 mai 2016 sur le tour cycliste international du Bénin. Le Togo avait ce tour en poche mais hélas » avant peut-être d’ironiser à raison:

« Le Togo n’avait pas de vélo secours malgré la volonté du jeune Akanga… espérons que les années avenir, les Togolais auront les moyens nécessaires pour terminer le Tour »

« Mon pays le Togo est-il incapable d’offrir un vélo à nos cyclistes ? » S’est interrogé, surement sans réponse, le journaliste Noel Kokou Tadégno. Sur sa page Facebook, le témoignage est d’arrache-cœur : « Dès le départ, des attaques de partout et je fais tout pour aller jusqu’au 15e tour où la chaîne de mon vélo (prêté par un béninois) est cassée. Ma chaîne coupe au mauvais moment, mes adversaires directs pour le maillot jaune attaquent et moi je fais environ deux minutes pour retrouver un autre vélo. Voilà, je perds l’occasion de  gagner une belle course. Maintenant, je n’ai plus de vélo. S’il y a un volontaire pour m’en offrir, je suis preneur. »

Rencontré dans la rédaction du papier qui suit, le secrétaire de la fédération, M. Emile Olympio n’a de cesse de croire en les potentialités de ce cycliste. Comme un parent content de son fils. Mais au sport Togolais, le moyen manque terriblement.

Lire ce reportage…

*Ceci est une série d’articles sur les différentes disciplines sportives et fédérations nationales au Togo. Ces reportages seront régulièrement publiés ici.


Moi, Mondoblogueur !

Il y a dans la vie de chacun de nous des évènements heureux, malheureux. Trouver la nature de chacun des événements s’il est heureux ou malheureux n’a rein de compliqué. Il suffit d’écouter son émotion. Mais il arrive parfois, un peu rarement bien entendu, des émotions qui nous semblent biscornues et vagues, au point où on ne sait pas plus s’il faut en rire et sauter, ou mieux, en pleurer !

L’ambition de rejoindre la grande et instruite famille des blogueurs francophones de RFI a beaucoup hanté mon esprit. Elle n’eest pas récente en tout cas. La chair de poule qui recouvre un jeune quand il lit de belles imaginations, de fabuleuses ou réelles histoires, écrites très souvent avec un style original et rare, en sont pour quelque chose. Dans mes muses, se bâtissent chaque fois moult idées, des bribes de fables, sarcastique parfois, mais qui méritent de prendre forme, puis d’être partagées. L’idée d’un blog nait.

Moi journaliste, au 21e siècle où le numérique, la technologie et le web sont les pièces requises pour être « civilisé », l’idée d’un blog ne peut être que salutaire pour être un leader, un journaliste, grand, complet, moderne et imposant. J’ai créé un blog, sur la plateforme Over-blog, qui héberge des milliers d’autres. Mais le foyer était si vaste, polygame et le privilège appartenait aux dieux. Connaitre ses frères over-blogueurs n’est pas évident. Un Mondoblog où l’accès est l’apanage d’un nombre réduit, au bout d’un trie, devrait faire l’affaire.

Un si long chemin d’attente ! Les belles choses, dira-t-on, se font beaucoup désirer. 2015, quelques amis et moi, attendions le communiqué. Des courriers envoyés à Mondoblog. S’ils n’ont pas tardé à être répondus, ils n’ont pour autant eu que de promesses. 2015 est passé, Ynnonazaline n’est pas Mondoblogueur. 2016, le concours est lancé, à l’heure justement où la paresse a élu domicile chez moi. Des matinées, si ce n’est pas pour faire certains articles, alors c’est pour ne rien faire. Merde de négligence, le jeune journaliste s’y plaisait pour autant. Mais cette ambition n’est pas à reléguer au second rang. J’improvise un billet, qui, au fin fonds de moi et j’en étais convaincu, n’était pas trop spécial. Mais suis-je le juré ?

Le 15 avril 2016. Il est exactement 15h 15. Je reçois un message de Mondoblog RFI. Le contenu ? «  Vous avez été sélectionné pour participer à la saison 5 de Mondoblog ! » Et alors ? Étrange comme sentiment. Un peu comme un « ça m’est égal ! ». Je devrais paramétrer mon blog. Je devrais lui donner un nom. « Mémoires d’un innocent ».

Ces mémoires ne sont pas nouvelles. J’ai commencé à les écrire avec Over-blog depuis. Et comme avec Over-blog je n’ai pas écrit la dernière page, je continue ici. Avec de nouvelles pages, de nouvelles idées. Mémoires d’un innocent se veut un blog de partage de sujets de toutes sortes, avec pour cheval de bataille, mon subjectif « Ce que je pense ». Aimez-vous les vérités et rectitudes, les imaginations, les poèmes et les critiques ? Alors bienvenu(e) chez moi. Visitez-moi souvent, devenez mon ami et mon lecteur, mon abonné. Faites comme chez vous, mais n’oubliez pas, vous êtes chez Ynnonazaline et les Mémoires que vous lirez sont d’un innocent !


Cyclisme togolais, l’histoire d’un orphelin

Vouloir devenir un cycliste professionnel au Togo, c’est comme se jeter du haut d’un toit sans réellement percevoir la destination. C’est être ambitieux, et peut-être c’est mourir de passion pour cette activité. Pourtant, partout ailleurs, les maillots jaunes ne sont rares. Entre disparition et laissé-pour-compte, le cyclisme togolais lance un cri de sauve-qui-peut.

Ce constat ne souffre d’aucune ambigüité : l’histoire du cyclisme togolais, c’est cette histoire-là dont on conte bien le début, mais la fin manque d’enjeux. Une histoire qui a pris forme depuis 1962, fait de haut et de bas, mais dont le haut est moins perceptible que le bas. Le haut, ce sont ces pages écrites par d’infatigables coureurs comme Anani Koffi, Morera Komi ou encore Rodriguez Amavi. Et ce n’est pas le président de la Fédération Togolaise du Cyclisme, le très franc Monsieur Anani  Assiongbon qui dira le contraire. Le dernier tour cycliste du Togo illustre à perfection la situation: Vainqueurs au début, loosers à la fin.

Le tour cycliste international organisé depuis 1989 à l’endroit des amateurs de ce sport augurait pourtant quelque chose de bon. L’objectif était de révéler les nouveaux talents togolais, peut-être parce que les très énergiques Tokè Sémékonawo, Koevi Mensah ou encore de Pascal Lossa, tous détenteurs des maillots jaunes aux jeux de la CEDEAO en 1975 à Lagos, ne pouvaient plus mieux s’offrir pour le drapeau togolais. En même temps, on peut reprocher à Diégo Agbéfou, ou aux frères Dossouvi  ou encore à Egué Attivi de n’être prophète que chez eux. Mais dans les années 2000, ils avaient lors de cette épreuve gardé le monopole du maillot jaune. N’eût été l’écoulement du temps et la négligence d’une discipline sportive pourtant en vogue au-delà des tropiques, le Togo serait actuellement bien vu sur le podium.

Logo du 25e Tour du Togo

Logo du 25e tour du Togo – Crédit : RFI

Un laissé-pour-compte

Même le siège de la fédération tutelle de ce sport a quelque chose de spécial. C’est n’est pas ce bâtiment qui git là, à Cocody, avec une architecture classique qui loge leur fédération du cyclisme. Ou plus proche, c’est n’est pas cette grande villa non loin du grand stade de Kégué, avec une grande cour au milieu de laquelle trône un épervier posé sur un ballon de football. Le siège de la fédération du cyclisme lui, n’a pas de réputation. Un bâtiment un peu vieux, fort peu modeste, quelque part caché au stade omnisport, n’ayant pas d’enseigne et profitant de l’ombre de l’hôtel Radisson Blue 2 février. Comme pour dire, le cyclisme n’existera pas au Togo.

Au Togo, c’est à l’approche d’une compétition qu’on connait les cyclistes. Ils ne sont pas formés au siège. Quelques clubs, 10 au total à Lomé, Kpalimé et ailleurs, assurent la formation des jeunes. Il y a encore quelques temps, les anciennes gloires togolaises voulaient apporter de l’aide à leurs jeunes frères. Mais ça n’a pas marché. Les jeunes se disent que tout est à eux, explique le secrétaire de la fédération, monsieur Émile Olympio. En effet, la fédération nationale de cyclisme et les pratiquants de ce sport sont victimes de ce qu’on peut appeler de l’injustice ou de la discrimination. Les fans du sport-roi togolais en sont conscients bien-sûr, mais parlent plutôt d’une discrimination positive au bénéfice du football. Cette discrimination, elle vient du fait que les dernières aides de l’Etat togolais datent de quelques années. Elles sont sporadiques. «  Cette année, l’Etat va nous accorder cinq millions », un peu comme le 1/5 du salaire mensuel du nouveau sélectionneur de l’équipe nationale togolaise de football. Alors qu’en marge de cela, le vélo professionnel offert par l’Ambassade de France pour le dernier tour cycliste a coûté un peu plus de 3 millions F CFA. Une chose qui ralenti les travaux, « mais nous n’avons pas le choix » regrette Emile Olympio. Une fédération qui se nourrit des miettes amassées, après l’organisation du tour cycliste togolais dont le français Francis Ducreux se veut garant. Ou parfois des aides du comité olympique du cyclisme.

Si d’une part, les jeunes cyclistes sont fort peu enclins à se soumettre à leurs supérieurs, c’est qu’au préalable, ces jeunes ne bénéficient d’aucune aide de la part de la fédération. Ces quelques 18 cyclistes togolais qui ont actuellement une licence, ne vivent pas de ce métier. Ils ne sont pas nourrit par la fédération. De même, leurs matériels leurs appartiennent. Ils s’enregistrent eux même auprès des clubs où ils s’occupent de leurs formations et des frais que cela peut engendrer. Les seules choses qu’ils bénéficient de la fédération, ce sont les primes de sélection pour les compétitions, ou encore à la veille desdites compétition, la fédération aident les jeunes sélectionnés avec « quelques pièces détachées » pour ceux qui ont besoin. « Nous sommes dans l’amateurisme encore. » reconnait le secrétaire. Pris isolément, la fédération n’a pas de matériels à proposer. Elle n’a pas un vélo.

Sauve-qui-peut 

« Autrefois, les coureurs étaient dociles. Entretemps, les pays voisins nous craignaient. Mais maintenant, nous sommes arrivés à un niveau zéro ». Ce niveau zéro est marqué par l’organisation du tour cycliste qui revient onéreuse à une fédération, actuellement en quête de repères. L’organisation d’un tour cycliste revient à plus de 40 millions de F CFA. Parfois, il arrive même qu’aux derniers moments, les choses soient modifiées. Un peu comme de la broderie, faite dans l’intention de trouver à chaque participant, de quoi ne pas rentrer les poches vides.  Le cyclisme est un peu mal vu au Togo. C’est en réalité beaucoup de choses qui échappent à ce public hilare que les cyclistes dépassent dans leurs épreuves. Un manque de soutient alarmant. Chaque fois, le secrétaire avoue déposer des demandes de sponsoring qui restent toujours sans suite. N’eût été l’amour-passion d’un enseignant cycliste français du nom d’Henry Ducreux, à l’endroit de cette épreuve sportive, devenu par le temps promoteur du cyclisme togolais, cette histoire aurait déjà écrit sa dernière page. Puisqu’en fait, c’est lui qui cherche chaque fois à la veille de la compétition, du financement.

Le tour cycliste du Bénin et de RDC sont pour bientôt. Une délégation de six cyclistes et trois accompagnateurs togolais y prendront part. Au Togo, « le cyclisme, il faut en être passionné, pour le faire puisque déjà le matériel est coûteux. » Mais le haut de cette histoire c’est aussi, un futur imminent, que marqueront probablement les noms comme Akanga Raouf, Mensah Walter, Abino Amen, tous jeunes. Eux, ce sont les protégés de la fédération, leurs espoirs. Ils ont déjà été envoyés en Egypte pour renforcer leurs niveaux. « Abino Amen lui, fait des courses avec les séniors et arrivent parfois à les battre » comme pour espérer un Alberto Contador Togolais. Mais, cette histoire reste celle d’un enfant qui n’a biologiquement de père que de nom, obligé de faire parfois son chemin en mode solitaire : pas de chemin tracé, un orphelin puisque le bienfaiteur Ducreux n’est pas Togolais.

Innocent AZILAN